Domaine du château de la MARE
Le Château de la Mare et ses dépendances » La cité agricole idéale » s’inscrivent des idées du siècle des lumières ( Jean – Jacques Rousseau , Diderot ) et de la personnalité du commanditaire du projet Jean-Jacques Quesnel de la Morinière.
Ce dernier fait appel en 1841, à l’architecte de la ville de CAEN, le plus en vogue en Basse Normandie dans cette première moitié du 19 ème Siècle , Emile GUY.
Une architecture néoclassique » qui utilise : les éléments gréco-romains ( Le traité de VITRUVE ) et les préceptes architecturaux des VILLAS VENITIENNES d’Andrea PALLADIO, et l’influence en Basse Normandie de l’architecte Claude Nicolas LEDOUX et des sociétés savantes crées par Arcisse de Caumont .
Emile GUY met en évidence la relation de l’architecture avec les moeurs sociales : hiérarchisation des constructions ( château et ses dépendances) ,tout en gardant des valeurs sociales; selon l’exemple des constructions de la Saline royale d’Arc et Senans ( commande de Louis XV ) , l’oeuvre majeure de Claude Nicolas LEDOUX.
Le Domaine de la Mare situé à Coutances, est l’un des plus anciens fiefs de la Manche. Le premier propriétaire connu est le Seigneur de la Mare ( contemporain de l’évêque Hugues de Morville a qui l’on doit la construction de la cathédrale de Coutances ). Il est aussi le fondateur de la Chapelle Saint Hilaire de la Mare en 1235. Le domaine fut vendu à Jean-Jacques Quesnel de la Morinière, riche bourgeois de Coutances, auquel on doit l’hôtel le Poupinel avec ses jardins devenus respectivement le musée et le jardin des plantes de Coutances qui est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1992 ( Entrée gratuite ).
Depuis des siècles, l’eau est le symbole du Domaine de la Mare et demeure aujourd’hui une ressource précieuse pour la vie.
La ruine du Château de la Mare est le symbole de la zone d’activité qui porte son nom . L’eau et la ruine éclairent l’avenir économique du Pays de Coutances.
L’architecture est créatrice de valeurs culturelles et financières.
Histoire du Domaine
15 avril, 2012, 16:00
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Histoire

L’ancienne seigneurie de la Mare date du XIIIème siècle. Le premier propriétaire connu est le seigneur Guillaume de la Mare. Un aveu du 22 Mai 1595 décrit le fief : Il y a manoir, maison à divers usages, colombier*, moulin à eau, bois, prays, terre, domaine arable et non arable.
Cette seigneurie restera pendant près de 4 siècles entre les mains des descendants ou des descendantes de Guillaume de la Mare :
Elle sera vendue la première fois le 21 Avril 1791 par la Marquise de BENOUVILLE** à son cousin Bernard Henri Louis HUE de CALIGNY. Le domaine comprend alors (cour, Colombier, des maisons, 3 avenues jardin, bois + pièces de terre). Le 31 Juillet 1801, Jean-Jacques QUESNEL de la MORINIERE **** en devient le nouveau propriétaire.
Ref : Christiane DAIREAUX » Cercle de Généalogie et d’Histoire Locale de Coutances et du Cotentin , bulletin N° 11″.
* En Normandie , le colombier était symbole de Noblesse et puissance.Le droit colombier était un droit féodal depuis le Moyen Age. » Ref : Le Viquet N°98 – 1992 « Restaurer les colombiers , Philippe Manneville de la Société des Antiquaires de Normandie » .
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**** Famille QUESNEL de la MORINIERE
Jean-Jacques QUESNEL de la Morinière né le 24 Avril 1765 à Coutances de Jacques Benoit , sieur de la Boudière QUESNEL 1726-1782 et de Madeleine Monique Marie Simon de la Rommerie épouse le 13 therminor an II ( 31 juillet 1794 ) à Coutances Marie Charlotte CHRISTY 1775 – 1826 née de Pierre CHRISTY d’Hauteville sur Mer 1744-1786 et de Charlotte Marguerite Françoise Bonne Marie BONTE 1755-1788 .
Après son décès le 23 janvier 1852 , le domaine de la Mare revint à sa petite fille Marthe QUESNEL de la Morinière née d’ Adolphe Felisme QUESNEL décédé en 1845 et d’Anne DESMARES . A sa mort en 1908 , c’est son neveux Pierre Charles Michel d’ANNOVILLE , fils de sa soeur Euphémie QUESNEL de la Morinière et de Pierre-Charles Ferdinand Michel d’ANNOVILLE * qui hérite du domaine de la Mare. Après son décès le 7 février 1924 , c’est son fils Jean Michel d’ ANNOVILLE qui résidera à la Mare jusqu’à la vente du domaine par les consorts Michel d’ANNOVILLE en 1933 et 1934.
*De noblesse ancienne, descendant de Jacques MICHEL qui acquit la Seigneurie d’Annoville, en 1649 , Pierre Charles Ferdinand MICHEL d’ANNOVILLE fut toute sa vie respectueusement appelé Monsieur d’ANNOVILLE ou plus simplement Monsieur Ferdinand .
En 1850, il épouse la riche demoiselle Euphémie QUESNEL de la MORINIERE . Ils s’établissent au Château de Hauteville : » Les trois Pavillons « , propriété d’Euphémie. Il dirige lui-même l’exploitation de ses terres de Hauteville ; une douzaine d’employés travaillent au château . Monsieur et Madame d’Annoville partagent leur temps entre les Pavillons et leur hôtel particulier à Coutances. C’est un va-et-vient de calèches et de réceptions.
Leurs huit enfants (5 garçons et 3 filles) sont élevés à Hauteville, sous la direction d’une institutrice pour les plus grands et d’une nurse pour les plus petits. Monsieur le curé de Hauteville supervise une fois par semaine leurs études et apprécie le déjeuner au château. Après leur communion,les enfants entrent en pension à Coutances.
En 1875, lors du mariage de leur fille ainée Elisabeth avec Monsieur de la Conté, la route a été sablée des Pavillons à l’église par la brasserie. Toute la fine fleur des Châteaux aux alentours est présente.
Passionné de chasse, Monsieur Ferdinand entretient une meute d’une quinzaine de chiens et une écurie importante.
Maire de Hauteville de 1865 à 1891 ( toujours réélu en tête de liste ) il décéde cette même année ainsi que son épouse et leur fidèle cocher Eugène MAHE.
Ref : Monsieur TURGIS Georges , Monsieur LEVIVIER Claude respectivement Maire et Adjoint d’ ANNOVILLE , Bulletin municipal N°3- juillet 2009.
** Famille de Gillain de BENOUVILLE
Bonne Charlotte Hue de LANGRUNE avait hérité de son oncle Anonyme de Guerville , Seigneur de la Mare décédé le 15/06/1744. Bonne Charlotte par son mariage célébré le 12 Mai 1730 avec Antoine Gillain de BENOUVILLE entra dans une famille de grande noblesse , élection de Caen qui portait » de sable au chevron d’or accompagné d’un croissant d’argent et d’une étoile d’or en chef et en pointe d’un lionceau. »
Le dernier des seigneurs de BENOUVILLE , Antoine Gillain est maître de camp de cavalerie, sous lieutenant des gendarmes de Bretagne et Chevalier de Saint-Louis. En 1752, il obtient de Louis XV l’érection de son domaine en marquisat . Son fils Charles Gabriel de la Cie des Chevaux légers de la Garde du Roi meurt en service en 1761. Le Marquis inconsolable de la mort de son fils tomba en état de démence trois ou quatre ans avant de mourir le 22 Octobre 1768 en son Château de Benouville. La Marquise de BENOUVILLE , dame de la Mare ayant renoncé à la succession ,c’est sa fille Thérèse Bonne qui hérite de l’important domaine .Thérèse Bonne de BENOUVILLE avait épousé le Marquis Hippolyte-François Sanguin de Livry. En 1768 , les époux de Livry disposait d’une fortune considérable . C’est à cette période qu’ils envisagent la construction du nouveau Château de Benouville et font appel à un architecte alors très en vue , Claude-Nicolas LEDOUX. Sa construction débute à mi-avril 1770, mais dès 1774, les limites financières des LIVRY sont atteintes, des problèmes de malfaçons en menuiseries viennent mettre un coup d’arrêt au chantier. Relancé en 1776, le chantier est supervisé par l’architecte caeannais Jean-François Etienne GILET en décembre 1777. Le chantier s’achèvera en décembre 1785. Le train de vie des Livry, la construction du château , la dégradation de la situation économique des années précédentes à la révolution de 1789 eurent raison de la fortune du marquis et de la marquise . Dès 1785 , le marquis commence à vendre une partie de ses biens. Après le décès du marquis de LIVRY , à Caen en 1789 , la marquise connait des difficultés pour faire face à ses charges et à ses créanciers. Elle est contrainte, le 28 janvier 1792 , de vendre le domaine , le château et son mobilier à François-Marie Mesnage de Pressigny .
Pendant cette période difficile , sa mère la marquise de BENOUVILLE , dame de la Mare , pour probablement aider sa fille , avait vendu sa seigneurie le 21 Avril 1791 à l’exception de la chapelle de la Mare et terrain en dépendant . En fait , la chapelle , confisquée comme édifice religieux , avait été vendue comme bien national , le 19 mars 1791 , à Guillaume Mauger du village de Saint Nicolas .
A Coutances, dans son manoir de la Mare, elle se réservait 2 chambres .
***Famille de CAMPROND
Pierre de CAMPROND Seigneur de la Mare depuis 1523 convaincu d’hérésie pour ses erreurs luthériennes fut étranglé sur le bûcher en 1535. Plusieurs prêtres des environs furent condamnés à vivre au fond d’une tour, au pain et à l’eau ( c’est ce qu’on nommait l’emmurement).Ref: L’ouvrage de Charles Bost : Récits d’histoire protestante en Normandie corrigé par l’abbé Jean Canu. Il était un des pionniers de l’église réformée dans la Manche.
» Un des traits les plus surprenants de notre histoire provinciale, c’est que la Normandie, représentée comme un pays essentiellement conservateur…attaché aux anciennes croyances … ait accueilli avec tant de faveur la Réforme » Ref :Henri Prentout de l’Université de Caen, membre de la Société des Antiquaires de Normandie ».
Quels sont les évènements qui ont favorisés ses idées nouvelles ? L’invention de l’imprimerie favorisa le développement des idées. Une imprimerie fut établie à CAEN en 1480 .L’Université de Caen fondée pendant la guerre de Cent Ans par les anglais en 1432 , au nom Henri VI devint florissante, elle fut le foyer des échanges d’idées parmi les jeunes nobles et fils de bourgeois nantis qui la fréquentaient. Les moeurs du clergé catholique étaient lamentables : En Normandie, les curés se faisaient remplacer par des vicaires. Ceux-ci , peu instruits, jardinaient ou tenaient cabaret pour subsister, aucun ne prêchait ni ne catéchisait.Des évêques de Coutances qui auraient dû siéger de 1519 à 1551 , un seul apparut dans son diocèse …pour un jour…
Vers 1555, sont organisées les Eglises réformées du Chefresne et de Saint-Lô.En 1562 et 1563 ,les huguenots du Comte de Montgomery et du marquis de Colombières saccagèrent la cathédrale de Coutances. Entre 1560 et 1580 d’autres Eglises sont dressées : Coutances ,Bricqueville la Blouette…… Ref: Nicole de villars, Agneaux.
La première guerre de religion a perturbé l’organisation administrative de la cité épiscopale. Au décès de Jean de Camprond successeur de Pierre de Camprond en 1561 , la mutation en faveur de son fils Guillaume de Camprond » Seigneur de la Mare, de Saint -Floxel et de la Cour-Duboscq » ne sera enregistrée que le 18 juillet 1565 ( acte notarié -Tabellionage de Coutances).
VITRUVE
26 janvier, 2012, 15:00
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VITRUVE
Vitruve est un architecte romain qui vécut au Ier siècle av.J-C, il est l’auteur du célèbre traité d’architecture, De architectura. Ce dernier est une encyclopédie des techniques de l’antiquité romaine.Il est le seul écrit connu d’architecture de l’Antiquité. Daniele BARBARO en a publié en 1556 la traduction et le commentaire , Andrea PALLADIO collabora aux illustrations.
L’architecture néo-classique qui reprend les techniques romaines, s’est installée en Basse Normandie dans la deuxième partie du XVIIIème Siècle . Nous en retrouvons les principes dans des demeures qui ont été construites pendant cette période dans le Pays de Coutances . ( Annoville, Cambernon , Coutances ,Tourville sur Sienne ……). ( livre VI Chapitre VIII : De la solidité et des fondements des édifices ).
Plusieurs traductions du traité furent rédiger en français:
Claude PERRAULT (1613-1688 ) en 1673 ( frère de Charles PERRAULT le conteur) fit évoluer l’interprétation du traité.
CH-L.MAUFRAS en 1847, éditeur PANCKOUCKE. ( 1 )
Traduction anglaise : Guillaume NEWTON en 1771 et 1791 .
( 1 ) -CH-L. MAUFRAS était membre de la Société des antiquaires de Normandie (comme E. GUY architecte du domaine), de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques. Il était professeur au collège Rollin à PARIS aujourd’hui Lycée Jacques DECOUR.
ARCHITECTURE
Les villas vénitiennes d’une architecture néoclassique : Les ex-dépendances
M. QUESNEL de la MORINIERE bien connu des Coutançais et l’architecte M.Emile GUY se sont inspirés de l’architecture de la renaissance italienne et notamment des oeuvres du grand architecte ANDREA PALLADIO (1508-1580) ( on retrouve des parallèles des villas vénitiennes (Barbaro, Thiene, Pisani) dans la construction des dépendances du domaine en 1841 ***** ).
Elles s’inscrivent des idées de l’époque * et de l’influence d’ANDREA PALLADIO sur l’architecture néoclassique depuis la deuxième moitié du XVIIIème siècle, et de la personnalité du commanditaire du projet M. QUESNEL de la MORINIERE, magistrat cultivé et homme de goût. Comme le dit PALLADIO, les villas sont faites à la ressemblance des maîtres, elles en sont même le portrait****. Bâtir des bâtiments utilitaires destinés à l’usage des gens de maison, aux fiacres, aux attelages… sur des modèles de villas vénitiennes réservées à l’aristocratie et riches notables, montre une grande humanité de la part de M. QUESNEL de la MORINIERE.****
Nous retrouvons la relation de l’architecture avec les moeurs sociales aux Salines Royales d’Arc et Senans ( commande de Louis XV ) : l’oeuvre majeure de Claude Nicolas LEDOUX classée monument historique et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
L’intégration des ces bâtiments dans une enceinte de l’ancien fief de la Mare, le maintien du pigeonnier orienté à l’extrémité Est de la dépendance s’inspire d’une tradition médiévale selon l’exemple de la villa Barbaro de Maser en Italie. Leur disposition cardinale, un corps central avancé accentuent leur symétrie selon une référence évidente au monde classique**** (référence : construction Gréco-Romaine du site de Jerash en Jordanie comme le souligne les ouvertures modulables de la dépendance centrale).
Les cheminées des dépendances étaient positionnées de part et d’autre du corps central selon l’exemple de la villa Barbaro .
Le château
Le château a été construit selon l’expression de Léonard de Vinci « La Divine Proportion » : Le nombre d’or. (le côté ouest de la ruine ). Le rectangle d’or « l’esthétisme du château vue du ciel ».*** ( E GUY a utilisé également » phy » dans la construction des théâtres de Caen et de Saint Quentin , cette découverte a été signalée à la Mairie de St Quentin le 9 Juillet 2008 ).
Le cercle , symbole astronomique représente le ciel , l’univers , le cosmos.( cercle sur le fronton du château ). Il est une figure de protection , une ceinture de défense chez les anciens.
L’escalier a été construit selon les commentaires de Claude Perrault sur le traité de Vitruve ( la base est le double de la hauteur dans l’usage du théorème de Pythagore). » La traduction du traité par CH.L. MAUFRAS ».
Le château disposait de nombreuses ouvertures qui permettaient de bénéficier de la course du soleil , du lever au coucher, dans pratiquement toutes les pièces. ( l’énergie solaire au XIXème Siècle ). » Les savoirs locaux citent 365 ouvertures ».
*** Selon Claude-Nicolas LEDOUX , l’architecture est semblable aux astres bienfaisants qui éclairent le monde. » Ref : le Château de Bénouville du Conseil Général du Calvados novembre 2007 « .
****On retrouve cette humanité dans son testament en date du 4 mars 1851, il donne et lègue au Séminaire de Coutances, ses maisons et terres de la Mare. Mais cette mutation ne put être exécutée, ses héritiers s’y étant opposés. »Ref : Ch DAIREAUX Cercle de Généalogie et d’Histoire Locale de Coutances et du Cotentin.Bulletin N° 11.
***** civilisation des VILLAS Vénitiennes de Michelangelo Muraro. Editions Place des Victoires, Paris. 2007
visites
26 décembre, 2010, 19:12
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visites
Les journées du patrimoine: 2007 - 2008 -2010-2011 et visites privées .
Emile GUY
26 décembre, 2010, 18:44
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Emile GUY
Emile GUY naquit à Paris place Thionville , le 21 mars 1795 ; il fit ses études au collège Bonaparte ( aujourd’hui Louis-le-Grand).Sorti du lycée, il étudia pendant quelque temps la peinture, et bien qu’il eût acquis une assez grande habilité dans le paysage; l’architecture lui offrant plus d’attraits, il entra à l’école des Beaux-Arts, le 13 mars 1811,Il en sortit le 27 décembre 1821. Pendant cette période , il était dans les premiers élèves de l’Ecole, il participa à tous les concours du grand prix ; il en remporta un , il devint de ce fait, membre de droit de la Société centrale des architectes français, lors de la création de cette société.
Aux Beaux-arts, il travailla sous l’influence d’Antoine Vaudoyer ( prix de Rome en 1783 )et de Charles PERCIER * * ( Prix de Rome en 1786). E GUY quitta l’atelier de M. Antoine Vaudoyer, pour aider son camarade M. Pelchet, architecte de l’artillerie, dans la rédaction des plans des arsenaux et magasins de l’artillerie; il s’occupa des aménagements de Vincennes et pris part à la défense de Paris. » Aux Beaux-arts, il côtoya Paul-Marie Le TAROUILLY né le 8 OCTOBRE 1795 à Coutances***qui après des études de mathématiques fut admis dans cette école en 1816. »
En 1821, il devint l’architecte de la ville de Caen, où de nombreux travaux demandaient un architecte habile; en 1827, il installa l’Hôtel-Dieu dans l’ancienne Abbaye-aux-Dames; plus tard, il restaura l’ Hôtel-de-Ville, et tous les édifices de la ville, reprit en sous-oeuvre l’église Ste-Trinité et la tour de l’église St-Pierre , une opération des plus difficiles, il construit le Théatre en 1838.
E. GUY cessa d’être architecte de la ville de Caen le 1er janvier 1861. Il avait été décoré en 1842. Il avait également occupé la fonction de professeur de dessin à l’Hôtel-de-Ville pendant 40ans.
Sur le modèle du théatre de CAEN, Il construit le Théatre de la ville de Saint-Quentin dans l’Aisne (1844 ) qui porte actuellement le nom de Jean Vilar.
M GUY était, en outre , architecte de la maison centrale de Beaulieu. Il avait construit plusieurs églises rurales et plusieurs châteaux dans le département du Calvados. Il avait pour la ville du Havre un projet d’église dans le style roman, reproduisant plusieurs des dispositions de l’Abbaye-aux-Hommes de Caen et qui fut remarqué par la Société française d’archéologie à laquelle M. GUY l’a communiqué. A Coutances , dans la Manche, il fut appelé par J-J QUESNEL de la MORINIERE pour la construction du Château de la Mare et des dépendances en 1841-1843.
Il décéda subitement le 4 Juillet 1866.
M GUY était membre de la Société centrale des architectes français, de l’Académie de Caen, de la Société des Antiquaires de Normandie *, de l’Association normande *, de la Société française d’archéologie pour la conservation des monuments *, de la Société des Beaux-Arts; il était également membre honoraire de la Société des architectes britanniques et membre titulaire de l’institut des provinces de France *.
Ref: Annuaire normand 1868, Service des Archives des Mairies de Caen et Saint-Quentin, Ecole Nle Supérieure des Beaux-arts de Paris.
** Charles PERCIER (1764 -1838 ) Indissociable de son ami et camarade d’études Pierre Fontaine ,il fut un architecte néo-classique et un décorateur. Une des premières réalisations des deux architectes fut Palais, maisons ….à Rome. Napoléon Bonaparte les nomme tous les deux ses architectes personnels et les garde à son service pendant tout son règne. A la restauration , Percier, trop impliqué dans l’empire , devient enseignant et ouvre un atelier aux Beaux arts. Ref : Ecole des Beaux Arts le 17.7.2008.
* Sociétés fondées par ARCISSE DE CAUMONT
***Paul Marie LE TAROUILLY . Aujourd’hui , à Coutances une rue porte son nom.
Le nombre d’or
Divine proportion ( expression de Léonard de Vinci), « Section dorée » et autres appellations … sont des dénominations qui désignent un rapport arithmétique : LE NOMBRE D’OR . Il est la modélisation mathématique d’une expression d’harmonie et d’esthétique dans les arts. On le note ( phi ) en hommage du grec Phidias ( Ve siècle avant J.C.) qui l’utilisa dans les proportions du Parthénon à Athènes. On retrouve également des traces du nombre d’or à la pyramide de Khéops. C’est le grec Euclide d’Alexandrie ( 3 siècle avant J.C.) qui en donne pour la première fois une définition dans son oeuvre « les éléments ».
La définition de VITRUVE : » Il y a de la petite partie à la grande, le même rapport que la grande au tout ».
Sa valeur exacte : 1 plus racine carré de 5, le tout divisé par 2 soit : 1,618
Pour son calcul, on va prendre comme exemple le rectangle d’or dont le rapport longueur sur largeur est égal au nombre ( phi ). On construit un triangle rectangle dont les côtés de l’angle droit mesurent 1 et 1/2 . En utilisant le théorème de Pythagore , l’hypoténuse mesure racine carré de 5 divisé par 2 . Pour construire le rectangle d’or d’une largeur de 1 , il suffit de calculer sa longueur : 1/2 plus racine carré de 5 divisé par 2 = 1 plus racine carré de 5 , le tout divisé par 2= 1,618
Andrea PALLADIO –
Andrea PALLADIO ,architecte de la renaissance italienne est né à Padoue le 30 Novembre 1508 et mort à Vicence en 1580. Référence du néo-classicisme, grand maître de la synthèse des classicismes grec et romain, il a su réactualiser au XVI ème siècle la structure architecturale antique. Architecte à la ville ou à la campagne, il pense ses bâtiments ( Palais, villas ,églises, théâtres .) dans leur environnement, avec un souci permanent de la proportion et de la symétrie. PALLADIO fut particulièrement sensible à la situation économique de Venise après le déclin du commerce maritime. Il sut construire en Vénitie des modèles d’architecture » Les » VILLAS VENITIENNES » adaptées aux nouveaux besoins du patriciat de Venise.
La personnalité de PALLADIO est particulièrement intéressante, elle repose sur son appartenance à deux groupes sociaux opposés: l’artisanat et le patriciat. Lui , le modeste tailleur de pierre de l’atelier de Bartolomeo da Sossano, il a forgé son professionnalisme par son travail , par ses talents et la bienveillance des nobles érudits qui lui donnèrent une éducation classique. Il est devenu la référence absolue en architecture. Son principal mentor est : Le Conte Giangiorgio Trissino qu’il rencontre sur le chantier de la Villa Cricoli en 1537. Trissino est un poète, un philosophe, un humaniste , l’un des principaux représentants de la culture italienne du début du XVI ème siècle. C’est Trissino qui donne le surnom de » PALLADIO » à di Pietro dello Gondola, il s’occupe de son instruction en le mettant en relation avec le monde de l’art classique. Il l’intronisa dans la célèbre Academie Trissiana. Il lui fait connaître les ouvrages de VITRUVE et d’ALBERTI.
PALLADIO et son mentor font en 1541 un premier voyage archéologique à Rome pour améliorer leur connaissance de l’art de bâtir Antique. Il y retourne plusieurs fois en 1545, 1546-1547, 1549 et pour la dernière fois en 1554 avec Daniele BARBARO . Ce patricien vénitien était un homme d’église , de science et de culture, nommé par Venise Patriache d’Aquilée , il participe en 1562-1563 au concile de Trente . Avec PALLADIO en 1556, il avait traduit et publié le Traité De Architectura de VITRUVE. Cette même année , avec son frère Marcantonio , il confièrent à leur ami la construction de leur villa à MASER. PALLADIO s’inspira bien évidemment des écrits de VITRUVE. Tout en se référant au modèle de la villa suburbaine des romains , il adapta la structure du bâtiment aux particularités de la vénitie et de la personnalité de ses amis.
Les sources de chaleur
Depuis l’âge du feu , les hommes ont utilisé pour leur bien-être l’énergie primaire, celle disponible sur terre ( bois, énergie solaire, le souffle du vent ) . Les premières grandes civilisations » romaine et grecque » adaptaient l’architecture de leur habitation en disposant les pièces à vivre en fonction de la course du soleil . ( Ref : le traîté de Vitruve livre VI ).
Dans la seconde moitié du XVIIIème Siècle , la première révolution industrielle s’installa sur le passage du bois au charbon qui dispose d’un pouvoir calorifique supérieur et permis le développement de la machine à vapeur de Denis Papin modernisée ensuite par James Watt.La maîtrise de l’électricité a permis l’avènement de la seconde révolution industrielle. L’électricité ( énergie secondaire ) est obtenue à partir d’une source de chaleur issue d’une énergie primaire ( l’ énergie fossile: charbon, pétrole, ; l’énergie solaire ). L’électricité peut être produite par une énergie mécanique : l’énergie hydraulique ou éolienne. La troisième révolution énergétique en cours sera la reconnaissance de l’énergie nucléaire comme énergie recyclable.
L’électricité dans la Manche.
C’est pendant la guerre de 1914-18 sous l’égide de la Société des Forces motrices de la Sélune qu’est construit en partie avec la main d’oeuvre des prisonniers allemands, le barrage de LA ROCHE QUI BOIT , près de DUCEY. Ce barrage de 16 m de hauteur constituait une retenue de 4 millions de m3 , l’usine avait une puissance possible de 2800CV et une production de 5 Millions de KWH. La centrale comprenait 3 turbines de 850 CV et une de 400 CV. Grâce à cette centrale , Avranches et Ducey sont alimentés dès 1919.
En 1920-21 une liaison est établie à partir de l’usine avec COUTANCES.
L’électrification rurale a été codifiée par arrêté du 29 Juillet 1927. A cette date , sur 648 communes de la Manche , 583 n’étaient pas électrifiées. En 1939 , il n’en restait que 96 . Pendant la guerre , l’electrification, surtout rurale, fut activement pousser pour pallier la pénurie de carburant, mais il y avait aussi pénurie de matériel ; on mettait le compteur sur le dernier poteau de la ligne ( pour un branchement 4 fils , on ne mettait qu’un compteur monophasé ). Le client se débrouillait pour brancher l’électricité jusqu’à sa maison.
A la veille de la nationalisation , qui a eu lieu le 8 Avril 1946 , c’est la société Gaz de Maubeuge qui distribuait le gaz et l’électricité à COUTANCES.
Ref : L’ Eclair et la Flamme dans la Manche. EDF-GDF Services Manche.
L’électrification du Domaine du Château de la Mare sur la commune de Saint-Nicolas de Coutances s’est faite dès 1912 grâce à l’installation à la scierie de la Mare d’un moteur à gaz pauvre de marque PAXMAN . Ce moteur se trouve actuellement au musée des fours à chaux de Régnéville sur mer .
Aujourd’hui, c’est la géothermie qui produit le chauffage d’une des villas de la Mare. L’installation a été réalisée par l’Entreprise Harry et Jérome LERICHE de Coutances. L’électricité d’origine nucléaire provient de la centrale de Flamanville installée sur la côte ouest du Cotentin au pied d’une falaise granitique haute de 70 m. Pour la visite du site EDF Flamanville s’adresser au Centre d’information du public.
Le département de la Manche avec la centrale de Flamanville et AREVA de la Hague est un des leaders de l’équipe de France du nucléaire.
Claude-Nicolas LEDOUX l’architecte-philosophe
Claude-Nicolas Ledoux naît le 27 mars 1736 à Dormans ( Marne ). Il y fréquente l’école paroissiale, en 1749, il est envoyé au célèbre collège Jean de Beauvais à Paris , puis à 17 ans , il apprend le métier de graveur , il entre à l’école des arts que vient de fonder le célèbre architecte et urbaniste Jacques-François Blondel. A partir de 1758, il suit une formation d’ingénieur à l’école des Ponts et Chaussées créée par le célèbre administrateur Trudaine.
Au début des années 1770 , un voyage en Angleterre lui permis de découvrir les constructions du célèbre architecte anglais Inigo Jones ( 1573-1652 ) qui avait introduit en Angleterre l’art de PALLADIO . Il découvre dans la campagne anglaise un style Palladio sobre qui montre le quasi-effacement de l’ornementation.
En 1762, il commence sa carrière professionnelle. De ces nombreuses réalisations , il reste aujourd’hui les décorations du café militaire , de l’hôtel d’Uzès qui sont conservées au musée Carnavalet , le pavillon de Madame du Barry à Louveciennes (Yvelines), le château de Bénouville près de CAEN , la saline royale d’Arc-et-Senans ( classée Patrimoine Mondial de l’ UNESCO depuis 1982 ), le théâtre de Besançon, les quatre portes sur cinquante-deux du mur des fermiers généraux qui entourait Paris à la veille de la révolution de 1789.(La Rotonde du parc Monceau, La barrière de Denfert-Rochereau, La barrière de la Nation, La Rotonde de la Villette ).
Le plus grand architecte français
Le 19 novembre 1806, il meurt pauvre dans l’indifférence, son éloge funèbre est faite par son collègue l’architecte Vignon.
De son vivant , il a été reconnu comme l’architecte le plus extraordinaire du XVIIIe siècle. C’est seulement depuis une cinquantaine d’années que l’on commence à reconnaître que Claude-Nicolas Ledoux est le plus grand architecte français de tous les temps. Son livre » l’architecture considérée sous le rapport de l’art, des moeurs et de la législation « est pour les architectes, historiens, philosophes, sociologues, poètes une oeuvre exceptionnelle. Homme des lumières , il s’exprime par une architecture parlante.
L’influence de Ledoux en Basse-Normandie dans la première moitié du XIX ème siècle.
Le château de la Mare et ses dépendances , l’oeuvre d’Emile GUY montre par son architecture les idées philosophiques de cet architecte-philosophe.
-L’architecture est semblable aux astres bienfaisants qui éclairent le monde. Ref: Le château de Bénouville du conseil Général du Calvados novembre 2007. L’esthétisme de la construction vue du ciel.
-Il met en évidence la relation de l’architecture avec les moeurs sociales: hiérarchisation des constructions , tout en gardant des valeurs sociales.